J’appréhendais ce jour. Il est arrivé. Claudine Longet est décédée. Je me sentais étrangement proche de cette femme, que je n’ai pourtant jamais rencontrée. Née à Paris en 1942, elle s’installe aux États-Unis à l’âge de 19 ans, où elle se produit comme chanteuse et danseuse à Las Vegas. Son mariage avec le chanteur Andy Williams l’aide à se faire une carrière de comédienne et de chanteuse, courte mais émaillée de quelques éclats. Elle reste à jamais dans l’esprit de beaucoup l’ingénue à la solde d’un affreux producteur que libère un figurant indien dans The Party de Blake Edwards (1968). Elle y interprète Nothing to Lose de Henry Mancini avec une simplicité désarmante qui égale celle du Moon River d’Audrey Hepburn dans Diamants sur canapé (1961).
Sa carrière de chanteuse ne dure que cinq ans et s’étale sur sept albums et quelques compilations. Sa voix fluette dégageait un charme incroyable et j’ai collectionné et écouté chacun de ses disques avec un plaisir intense.
Tout cela a pris fin un jour de 1976 où elle a (accidentellement ?) tué son compagnon Spider Sabich. Procès, condamnation, évanouissement. Depuis, plus rien. Sauf…
En 2010, Fabrice Gaignault publiait un livre sur elle intitulé Aspen Terminus dans lequel il revenait sur son parcours et tentait d’en percer le mystère. Elle est restée insaisissable. Définitivement désormais.