Le pauvre commissaire Dreyfuss n’est pas sorti de l’auberge. Lui qui croyait être débarrassé de l’inspecteur Clouseau et qui s’apprêtait à quitter la clinique psychiatrique où il avait été placé à la fin du Retour de la panthère rose (1975) voit soudain ressurgir son ennemi juré. C’est le début de Quand la Panthère rose s’emmêle (1976), le plus délirant, le plus drôle, le plus génialement absurde de tous les films de cette saga comique. Il sera projeté jeudi 9 avril dans le cadre du BO Ciné-Club que j’ai le plaisir d’animer au cinéma parisien Le Champo. L’apport décisif du grand Henry Mancini sera à nouveau évoqué, le compositeur étant le parrain de ce ciné-club, ce dernier ayant été lancé l’année dernière avec The Party.
Pour ce cinquième film de la série, Blake Edwards a adapté l’un des deux scénarios qu’il avait coécrits avec Frank Waldman pour un projet de série télévisée sur la Panthère Rose, afin d’en faire la base du film précédent, ainsi que le point de départ de cette suite. De ce fait, il s’agit de la seule suite de La Panthère Rose dont l’intrigue (Dreyfus à l’asile) fait directement suite à celle du film précédent. L’histoire ne tourne pas autour du fameux diamant de la Panthère Rose des films précédents, mais se présente davantage comme une parodie de James Bond.
Les relations déjà tendues entre Sellers et Edwards s’étaient encore détériorées au moment où la production de Quand la Panthère rose s’emmêle. Sellers souffrait tant mentalement que physiquement, et Edwards a commenté plus tard l’état mental de l’acteur pendant le tournage : « Si vous alliez dans un asile et que vous décriviez le premier patient que vous voyiez, c’est à ça que Peter était devenu. Il était fou à lier. » L’expression du visage de l’acteur dans la photo ci-dessous prise pendant le tournage en dit beaucoup sur la difficulté qu’il ressentait à exister quand les caméras ne tournaient pas.

Sellers était mécontent du montage final du film et a publiquement critiqué Edwards pour avoir mal exploité son talent. D’autre part, l’auteur de bande dessinée René Goscinny, créateur d’Astérix, aurait tenté de poursuivre Edwards pour plagiat après avoir constaté de fortes similitudes avec son scénario intitulé Le Maître du monde, qu’il avait envoyé à Sellers en 1975. Le décès de Goscinny en 1977 a mis un terme à toute procédure.
Si les critiques commencent à se lasser de l’inspecteur Clouseau et de ses frasques en 1976, ce n’est pas le cas du public, le film remporte un énorme succès en salles et donnera lieu à de nombreuses suites, dont une seule avec un Peter Sellers encore vivant : La Malédiction de la Panthère rose (1978).

Pour se plonger dans la tête de l’acteur, un seul livre en français, celui de votre serviteur : Peter Sellers, l’homme qui n’existait pas, édité chez Carlotta. Alors, rendez-vous le 9 avril, deux exemplaires seront à gagner !
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