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Une femme libre
22/02/202622/02/2026

La libération de la femme américaine

Quel est le statut de la femme américaine ? La question, lancinante, n’a cessé de hanter les cinéastes, notamment Richard Brooks dans le poignant The Happy Ending (1969) qui, comme je l’indiquais ici, critiquait les idéaux du mariage traditionnel et explorait la solitude, la dépression et le besoin d’émancipation des femmes dans l’Amérique de la fin des années 1960.

Huit ans plus tard, dans A la recherche de Mr Goodbar (1977), le cinéaste faisait un constat encore plus désespéré en portant à l’écran un fait divers tragique et en offrant à Diane Keaton l’un de ses meilleurs rôles. J’avais abordé le film pour le Bleu du miroir ici. Le film est sorti en 4K depuis.

Un troisième film vient dialoguer avec les deux précédents et apporter une note d’espoir. Réalisé par Paul Mazursky en 1978, Une femme libre dresse le portrait d’Erica qui, après seize ans de mariage, découvre l’infidélité de son mari et le quitte. La magnifique Jill Clayburgh apporte au rôle une sensibilité et une sincérité désarmantes. Si The Happy Ending faisait le constat du fossé entre le rêve hollywoodien et la réalité de la vie conjugale, Une femme libre est fermement ancré dans les années 1970, et ce n’est pas la musique (un peu datée) de Bill Conti qui nous le fera oublier. Dans une société qui encourage le travail sur soi via la psychanalyse, Erica est une femme qui se cherche, soudain libérée du carcan d’une vie conjugale dont elle n’a pas vu la dégradation inexorable. Elle couche avec un homme, juste pour éprouver cette liberté nouvelle. Puis, la rencontre avec un peintre attachant et fantasque (Alan Bates) lui redonne envie de s’attacher, mais sur une modalité nouvelle.

Couronnée par une nomination à l’Oscar et un prix à Cannes, Jill Clayburgh campe ici avec conviction une femme plus forte qu’elle ne le croyait, qui apprend à prendre en compte ses besoins et à s’affirmer face aux hommes comme une personne à part entière et pas seulement la moitié d’un couple. Naviguant entre humour et émotion, le film frappe par son étonnante modernité et aborde des questions profondes sans donner de leçon : comment être mère et femme à la fois ? comment vivre pleinement sa sexualité en dehors du schéma patriarcal ?

De Jean Simmons à Jill Clayburgh en passant par Diane Keaton, trois visages incarnent tour à tour la femme américaine, trois étapes clés vers une émancipation qui prendra d’autres formes dans les décennies suivantes, au fil des évolutions sociétales.

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