{"id":619,"date":"2024-11-01T13:01:35","date_gmt":"2024-11-01T12:01:35","guid":{"rendered":"https:\/\/lightofmylife.fr\/?p=619"},"modified":"2025-01-14T13:48:35","modified_gmt":"2025-01-14T12:48:35","slug":"music-by-john-williams-un-hommage-savoureux-et-bienvenu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lightofmylife.fr\/index.php\/2024\/11\/01\/music-by-john-williams-un-hommage-savoureux-et-bienvenu\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Music by John Williams\u00a0\u00bb, un hommage savoureux et bienvenu"},"content":{"rendered":"\n<p>Voici enfin le documentaire attendu depuis des mois. Avec Steven Spielberg \u00e0 la production et Laurent Bouzereau \u00e0 la r\u00e9alisation, on ne pouvait que s&rsquo;attendre \u00e0 quelque chose d&rsquo;exceptionnel, un documentaire qui rendrait hommage \u00e0 John Williams de la meilleure fa\u00e7on possible. Et le r\u00e9sultat est \u00e0 la hauteur de nos attentes. Dans <a href=\"https:\/\/newsroom.disney.fr\/actualites\/music-by-john-williams-i-un-documentaire-inedit-sur-la-vie-et-la-carriere-du-legendaire-compositeur-john-williams-sera-propose-le-1er-novembre-sur-disney-c8c52-dc71f.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">\u00ab\u00a0Music by John Williams\u00a0\u00bb<\/a>, disponible depuis ce matin sur <a href=\"https:\/\/ondisneyplus.disney.com\/movie\/music-by-john-williams\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Disney+<\/a>, le r\u00e9alisateur attitr\u00e9 des <em>making of<\/em> de Spielberg, qui travaille \u00e0 Hollywood depuis les ann\u00e9es 1970, se plonge avec d\u00e9lectation dans la carri\u00e8re pl\u00e9thorique de ce g\u00e9ant de la musique, \u00e2g\u00e9 aujourd&rsquo;hui de 92 ans.<\/p>\n\n\n\n<p>Le documentaire, d&rsquo;une dur\u00e9e d&rsquo;une heure et quarante-cinq minutes, commence logiquement par la collaboration exceptionnelle du compositeur avec Spielberg qui s&rsquo;est \u00e9tal\u00e9e sur 29 films et dont on esp\u00e8re un nouveau chapitre pour 2026. D\u00e9laissant une approche strictement chronologique, Bouzereau m\u00eale \u00e9poques et films pour d\u00e9gager une constante : l&rsquo;ad\u00e9quation parfaite entre la musique du compositeur et l&rsquo;image, et l&rsquo;ampleur \u00e9norme de son apport pour rendre ces univers tangibles.<\/p>\n\n\n\n<p>Un grand nombre de personnes s&rsquo;expriment non seulement sur la musique du compositeur mais aussi sa vie priv\u00e9e, notamment Brandford Marsalis, Paul Hirsch, Gustavo Dudamel, James Mangold, Chris Martin, ou sa propre fille Jenny Williams. Chacun y va, comme il est de coutume dans ce genre de projet, de ses compliments et hommages, mais sans que cela paraisse forc\u00e9, principalement parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a personne \u00e0 convaincre et pas de film \u00e0 d\u00e9fendre. De nombreuses anecdotes d\u00e9j\u00e0 connues sont \u00e9voqu\u00e9es (la d\u00e9couverte h\u00e9b\u00e9t\u00e9e par Spielberg de l&rsquo;ostinato des <em>Dents de la mer,<\/em> le choc ressenti face \u00e0 <em>La Liste de Schindler <\/em>par un Williams ne s&rsquo;estimant pas \u00e0 la hauteur de la t\u00e2che), mais on peut aussi d\u00e9couvrir de nombreuses photos in\u00e9dites et des extraits des <em>home movies<\/em> tourn\u00e9s par Spielberg en personne pendant l&rsquo;enregistrement des BO de son ami (g\u00e9niales images du travail sur <em>E.T.<\/em> !).<\/p>\n\n\n\n<p>Mis en confiance par son interlocuteur, Williams se livre comme jamais, notamment sur le d\u00e9c\u00e8s de sa premi\u00e8re femme Barbara Ruick en 1974 d&rsquo;une rupture d&rsquo;an\u00e9vrisme, sujet qu&rsquo;il n&rsquo;avait jusque-l\u00e0 abord\u00e9 que de mani\u00e8re allusive. C&rsquo;est sans doute un des moments les plus \u00e9mouvants du documentaire. <em>\u00ab\u00a0J&rsquo;ai mis mon travail de c\u00f4t\u00e9, je ne voulais plus entendre parler de films, d&rsquo;histoires et de personnages\u00a0\u00bb, <\/em>dit-il. Williams compose alors un concerto pour violon en hommage \u00e0 sa femme disparue, qui le laisse seul avec trois jeunes enfants. Jenny, l&rsquo;a\u00een\u00e9e, s&rsquo;occupe de ses deux fr\u00e8res. Il ajoute :<em> \u00ab\u00a0J&rsquo;avais l&rsquo;impression que Barbara m&rsquo;aidait. Apr\u00e8s son d\u00e9c\u00e8s, j&rsquo;ai \u00e9volu\u00e9 professionnellement, j&rsquo;ai gagn\u00e9 une forme d&rsquo;\u00e9nergie, je me suis tout simplement immerg\u00e9 plus profond\u00e9ment dans mon m\u00e9tier.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"350\" height=\"500\" src=\"https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/66fc1f7ce968ba61b902c240.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-628\" srcset=\"https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/66fc1f7ce968ba61b902c240.jpg 350w, https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/66fc1f7ce968ba61b902c240-210x300.jpg 210w, https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/66fc1f7ce968ba61b902c240-300x429.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 350px) 100vw, 350px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Bouzereau revient sur le parcours accidentel d&rsquo;un Williams qui se voyait d&rsquo;abord comme pianiste professionnel et qui petit \u00e0 petit a mont\u00e9 les \u00e9chelons du syst\u00e8me hollywoodien pour acc\u00e9der au poste de compositeur. Une des qualit\u00e9s du film est de mettre l&rsquo;accent sur le travail \u00e9norme exig\u00e9 pour mener \u00e0 bien une telle t\u00e2che, travail ex\u00e9cut\u00e9 sans faire appel \u00e0 la technologie, Williams \u00e9tant comme toujours ap\u00f4tre du crayon et du papier (comme feu son ami Ennio Morricone).<\/p>\n\n\n\n<p>A la question de savoir quel impact le succ\u00e8s \u00e9norme du premier<em> Star Wars <\/em>a eu sur sa carri\u00e8re, Williams r\u00e9pond que cela lui a permis de diriger les plus grands orchestres et que cela a conduit \u00e0 sa nomination \u00e0 la t\u00eate du Boston Pops en 1980, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 la r\u00e9sistance face \u00e0 la musique de film \u00e9tait encore forte dans le milieu de la musique classique. La citation savoureuse de Duke Ellington<em> (\u00ab\u00a0Il n&rsquo;y a que deux types de musique : bonne ou mauvaise\u00a0\u00bb)<\/em> s&rsquo;applique merveilleusement \u00e0 la carri\u00e8re de Williams, qui n&rsquo;a cess\u00e9 de s&rsquo;\u00e9vertuer \u00e0 briser les barri\u00e8res entre les diff\u00e9rents types de musique pour faire reconna\u00eetre celle pour l&rsquo;\u00e9cran \u00e0 part enti\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Sa musique pour la salle de concert est aussi \u00e9voqu\u00e9e, plus bri\u00e8vement, ainsi que ses collaborations avec Yo-Yo Ma, Anne-Sophie Mutter et d&rsquo;autres, et sa participation musicale aux Jeux olympiques et \u00e9v\u00e9nements divers, qui permettent au compositeur de se \u00ab\u00a0l\u00e2cher\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;apport musical de Williams est bien r\u00e9sum\u00e9 par James Mangold, r\u00e9alisateur du dernier <em>Indiana Jones<\/em> : <em>\u00ab\u00a0C&rsquo;est le plus grand d\u00e9fenseur de la musique jou\u00e9e par l&rsquo;orchestre car ses musiques de film en rappellent la beaut\u00e9.\u00a0\u00bb<\/em> Et Spielberg d&rsquo;ajouter : <em>\u00ab\u00a0Je suis fier de ne pas avoir utilis\u00e9 de musique \u00e9lectronique, \u00e0 part quelques sons de synth\u00e9 ajout\u00e9s \u00e0 l&rsquo;orchestre comme dans<\/em> Munich. <em>John reste fid\u00e8le au c\u00f4t\u00e9 vivant de l&rsquo;interpr\u00e9tation.\u00a0\u00bb <\/em>Le compositeur avoue aussi une certaine inqui\u00e9tude quant \u00e0 l&rsquo;avenir de la musique telle qu&rsquo;il l&rsquo;entend, qui serait <em>\u00ab\u00a0en train de mourir\u00a0\u00bb. <\/em>Il poursuit : <em>\u00ab\u00a0Verra-t-on un jour un nouveau Brahms ou un nouveau Wagner ? En ce moment, alors que la musique \u00e9volue en tant qu&rsquo;activit\u00e9 artistique, on se pose des questions.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Avec sa modestie habituelle, Williams avoue avoir \u00e9t\u00e9 <em>\u00ab\u00a0incroyablement chanceux\u00a0\u00bb <\/em>et cite les \u0153uvres de son r\u00e9pertoire dont il est le plus heureux, je vous laisse la surprise. <\/p>\n\n\n\n<p>Au final, <em>Music by John Williams <\/em>est un hommage savoureux au plus grand compositeur contemporain. Sa principale qualit\u00e9 est qu&rsquo;il est bourr\u00e9 de musique, comme il se doit. Sans sombrer dans la dithyrambe facile, Laurent Bouzereau (auteur r\u00e9cemment de <a href=\"https:\/\/www.imdb.com\/title\/tt32220386\/reference\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Faye<\/a>), visiblement inspir\u00e9 par son sujet, trouve le ton juste pour \u00e9voquer cette carri\u00e8re hors norme, et le parcours d&rsquo;un g\u00e9nie dont on n&rsquo;a pas fini d&rsquo;explorer l&rsquo;h\u00e9ritage musical.<\/p>\n\n\n\n<p>PS : le documentaire b\u00e9n\u00e9ficie de quelques projections en salles \u00e0 Los Angeles, New York et Londres.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"740\" height=\"418\" src=\"https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/JosephW.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-632\" srcset=\"https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/JosephW.jpg 740w, https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/JosephW-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 740px) 100vw, 740px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Hasard du calendrier, un <a href=\"https:\/\/www.lukaskendall.com\/post\/joseph-williams-interview\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">entretien r\u00e9cent avec Joseph Williams<\/a> (absent du film de Bouzereau) nous apprend quelques d\u00e9tails int\u00e9ressants sur son illustre p\u00e8re. Notamment le fait que sa m\u00e8re Barbara, gr\u00e2ce \u00e0 son r\u00e9seau, a permis \u00e0 son mari de trouver du boulot au d\u00e9but de sa carri\u00e8re, et qu&rsquo;\u00e0 la maison elle chantait des morceaux que son mari avait \u00e9crits. Joseph revient sans aucune g\u00eane sur ses addictions \u00e0 l&rsquo;alcool et la drogue li\u00e9es en bonne partie au d\u00e9c\u00e8s de sa m\u00e8re en 1974 et \u00e0 la rage qu&rsquo;il a ressentie \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Et raconte qu&rsquo;apr\u00e8s \u00eatre venu le rep\u00eacher au commissariat une fois de trop, John l&rsquo;a mis en <em>boarding school. <\/em>Cela n&rsquo;a pas emp\u00each\u00e9 Joseph de se construire plus tard une carri\u00e8re, notamment comme chanteur du groupe Toto, et l&rsquo;on sait \u00e0 quel point c&rsquo;est difficile quand on est \u00ab\u00a0fils de\u00a0\u00bb. Bravo \u00e0 lui.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voici enfin le documentaire attendu depuis des mois. 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