{"id":1606,"date":"2025-07-25T16:28:15","date_gmt":"2025-07-25T14:28:15","guid":{"rendered":"https:\/\/lightofmylife.fr\/?p=1606"},"modified":"2025-09-23T20:10:58","modified_gmt":"2025-09-23T18:10:58","slug":"un-ete-sous-lemprise-de-chabrol","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lightofmylife.fr\/index.php\/2025\/07\/25\/un-ete-sous-lemprise-de-chabrol\/","title":{"rendered":"Un \u00e9t\u00e9 sous l&#8217;emprise de Chabrol"},"content":{"rendered":"\n<p>Si la perspective de voir des acteurs en collants se battre \u00e0 grands renforts d\u2019effets sp\u00e9ciaux num\u00e9riques vous laisse de marbre, une r\u00e9trospective tombe \u00e0 point nomm\u00e9 pour relever votre \u00e9t\u00e9 cin\u00e9matographique.<\/p>\n\n\n\n<p>En salles depuis le 9 juillet, douze films de <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Claude_Chabrol\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Claude Chabrol<\/a> mettent en lumi\u00e8re une p\u00e9riode charni\u00e8re de sa filmographie : un \u00e2ge d\u2019or au cours duquel il a sign\u00e9 certains de ses plus grands films. Si l\u2019\u0153uvre du cin\u00e9aste et sc\u00e9nariste \u2013 n\u00e9 en 1930 et mort en 2010 \u2013 est gargantuesque (58 films tourn\u00e9s entre 1958 et 2009), cette r\u00e9trospective rendue possible par <a href=\"https:\/\/www.tamasa-cinema.com\/film\/claude-chabrol-premiere-vague\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Tamasa<\/a> suite \u00e0 une <a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/culture\/article\/2025\/07\/30\/derriere-la-retrospective-claude-chabrol-un-long-combat-juridique_6625540_3246.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">d\u00e9cision de justice<\/a> se focalise notamment sur une courte p\u00e9riode (1969-1971) durant laquelle il encha\u00eene cinq longs-m\u00e9trages majeurs. Suite \u00e0 sa rencontre en 1967 avec un jeune producteur, Andr\u00e9 G\u00e9nov\u00e8s, Chabrol b\u00e9n\u00e9ficie alors d&rsquo;une s\u00e9curit\u00e9 financi\u00e8re qui a d\u00fb faire p\u00e2lir de jalousie ses coll\u00e8gues de la Nouvelle vague : il est salari\u00e9 douze mois sur douze, avec un salaire moyen englobant l&rsquo;\u00e9criture, la pr\u00e9paration, le tournage et la postproduction. Le r\u00e9alisateur adopte le rythme d&rsquo;un film tous les neuf mois, faisant appel aux m\u00eames techniciens, et \u00e0 des acteurs que l&rsquo;on a plaisir de retrouver dans des r\u00f4les tr\u00e8s diff\u00e9rents.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"386\" src=\"https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Femme-infidele.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1620\" srcset=\"https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Femme-infidele.png 600w, https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Femme-infidele-300x193.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Dans <mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\"><em>La Femme infid\u00e8le<\/em> <\/mark>(1969), St\u00e9phane Audran est mari\u00e9e \u00e0 Michel Bouquet, qu\u2019elle trompe avec Maurice Ronet. Lorsque le mari d\u00e9couvre l\u2019adult\u00e8re, cela entra\u00eene des cons\u00e9quences impr\u00e9vues, et forc\u00e9ment dramatiques. Faussement r\u00e9aliste, Chabrol fige, dans une narration en apparence simple, des instants d\u2019hyperr\u00e9alisme o\u00f9 le r\u00e9el se fissure, ouvrant la voie \u00e0 un \u00e9tat de r\u00eaverie ou de cauchemar \u00e9veill\u00e9. Qui est le narrateur du r\u00e9cit ? S\u2019agit-il d\u2019une projection mentale de l\u2019un des personnages ? Ce n\u2019est pas le dernier plan, admirable et sibyllin, qui viendra nous apporter des r\u00e9ponses.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"960\" height=\"540\" src=\"https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Que-la-bete-meure.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1626\" srcset=\"https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Que-la-bete-meure.jpg 960w, https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Que-la-bete-meure-300x169.jpg 300w, https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Que-la-bete-meure-768x432.jpg 768w, https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Que-la-bete-meure-850x478.jpg 850w\" sizes=\"auto, (max-width: 960px) 100vw, 960px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>C\u2019est mon Chabrol pr\u00e9f\u00e9r\u00e9. <em><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\">Que la b\u00eate meure<\/mark><\/em> (1969), adapt\u00e9 d\u2019un roman de Cecil Day-Lewis (oui, le p\u00e8re de Daniel !), raconte l\u2019histoire d\u2019un enfant renvers\u00e9 par un chauffard qui prend la fuite sans lui porter secours. Le p\u00e8re de l\u2019enfant d\u00e9c\u00e9d\u00e9 (Michel Duchaussoy) va consacrer sa vie \u00e0 retrouver le meurtrier (Jean Yanne) pour le tuer. Les choses ne se passeront pas exactement comme pr\u00e9vu.<br>Port\u00e9 par la musique atonale de Pierre Jansen, le r\u00e9cit est scand\u00e9 en voix off par le carnet intime que r\u00e9dige le p\u00e8re endeuill\u00e9 pour chroniquer sa qu\u00eate d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e. Rarement aura-t-on vu des acteurs aussi justes, une direction aussi pr\u00e9cise et implacable\u2026 <em>Que la b\u00eate meure<\/em>, par son aspect litt\u00e9raire et tragique, est un grand film, dont chaque vision n\u2019\u00e9puise pas les ramifications. Car il nous confronte, nous spectateurs, \u00e0 un dilemme moral : cet homme qui a souffert a-t-il le droit de faire souffrir \u00e0 son tour ? Suis-je complice de son acte ?<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un entretien en compagnie de Jean Douchet \u00e0 <a href=\"https:\/\/www.cinematheque.fr\/henri\/film\/155417-claude-chabrol-a-la-cinematheque-francaise-auteurs-divers-1986\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">La Cin\u00e9math\u00e8que<\/a> en 1986, le cin\u00e9aste, interrog\u00e9 par No\u00ebl Simsolo sur le sch\u00e9ma habituel du film policier, d\u00e9clare : <em>\u00ab\u00a0J&rsquo;aime quand le spectateur est impliqu\u00e9 dans l&rsquo;histoire et qu&rsquo;il a des choix \u00e0 faire par rapport \u00e0 l&rsquo;histoire. J&rsquo;ai fait tout un film l\u00e0-dessus, c&rsquo;\u00e9tait <\/em>Que la b\u00eate meure,<em> dans lequel on s&rsquo;identifiait avec un personnage sympathique victime d&rsquo;un drame. (&#8230;) Mais qui devait lui-m\u00eame commettre un meurtre. (&#8230;) Il y a un peu de manipulation du spectateur. On adore s&rsquo;identifier au d\u00e9part mais on ne veut pas voir les implications possibles. C&rsquo;est \u00e7a qui est amusant : quand le cin\u00e9ma cesse d&rsquo;\u00eatre compl\u00e8tement un divertissement et qu&rsquo;on finit par avoir quelque chose sur le dos.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"551\" src=\"https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Le-boucher.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1621\" srcset=\"https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Le-boucher.png 1024w, https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Le-boucher-300x161.png 300w, https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Le-boucher-768x413.png 768w, https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Le-boucher-850x457.png 850w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Tourn\u00e9 dans la foul\u00e9e et sorti en 1970, <mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\"><em>Le Boucher<\/em> <\/mark>r\u00e9unit deux des acteurs du film pr\u00e9c\u00e9dent : St\u00e9phane Audran et Jean Yanne. Le film nous plonge dans une petite ville du P\u00e9rigord (Tr\u00e9molat), o\u00f9 une institutrice se rapproche d\u2019un boucher solitaire. Au fil de leurs rencontres, on apprend \u00e0 les conna\u00eetre. Il tombe amoureux, elle repousse doucement ses avances. Mais une s\u00e9rie de crimes vient endeuiller la r\u00e9gion, et la ma\u00eetresse d\u2019\u00e9cole commence \u00e0 soup\u00e7onner le boucher lorsqu\u2019elle d\u00e9couvre un objet compromettant sur une sc\u00e8ne de crime. Sur un sc\u00e9nario qu\u2019il signe lui-m\u00eame (comme de coutume), Chabrol nous place \u00e0 nouveau au c\u0153ur d\u2019un paradoxe : il explore la fronti\u00e8re trouble entre la piti\u00e9 et le sentiment amoureux.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"710\" src=\"https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/La-rupture-1024x710.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1622\" srcset=\"https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/La-rupture-1024x710.png 1024w, https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/La-rupture-300x208.png 300w, https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/La-rupture-768x532.png 768w, https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/La-rupture-850x589.png 850w, https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/La-rupture.png 1105w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><em><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\">La Rupture<\/mark><\/em> (1970) fait partie des Chabrol les moins connus. Il r\u00e9unit le duo de <em>La Femme infid\u00e8le<\/em>, St\u00e9phane Audran et Michel Bouquet, dans le r\u00e9cit d\u2019un couple qui se s\u00e9pare apr\u00e8s une crise de d\u00e9mence du mari, Charles (Jean-Claude Drouot), durant laquelle il blesse l&rsquo;enfant qu&rsquo;il a eu avec H\u00e9l\u00e8ne (St\u00e9phane Audran). Le p\u00e8re de Charles (Michel Bouquet) engage alors une v\u00e9ritable guerre souterraine pour r\u00e9cup\u00e9rer la garde de l\u2019enfant, n\u2019h\u00e9sitant devant aucune bassesse. Dans ce film, Chabrol expose comment le sexe, la drogue et l\u2019alcool servent de palliatifs \u00e0 la m\u00e9diocrit\u00e9, et comment la toute-puissance de l\u2019argent permet d\u2019acheter \u00e0 la fois les consciences et les \u00eatres. Parfois aux fronti\u00e8res du grotesque, <em>La Rupture<\/em> tire sa force de la truculence de ses seconds r\u00f4les, et surtout de l\u2019excellence de St\u00e9phane Audran \u2013 devenue madame Chabrol en 1964 \u2013 dans le r\u00f4le d\u2019une femme en qu\u00eate d\u2019\u00e9mancipation, bien d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 s\u2019extraire du carcan patriarcal pour se suffire \u00e0 elle-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Juste-avant-la-nuit-copie.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1623\" srcset=\"https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Juste-avant-la-nuit-copie.jpg 1024w, https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Juste-avant-la-nuit-copie-300x169.jpg 300w, https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Juste-avant-la-nuit-copie-768x432.jpg 768w, https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Juste-avant-la-nuit-copie-850x478.jpg 850w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Dernier film de notre s\u00e9lection, <mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\"><em>Juste avant la nuit<\/em> <\/mark>(1971) explore le poids intol\u00e9rable de la culpabilit\u00e9. Michel Bouquet y incarne Charles, un bourgeois rang\u00e9 qui entretient une liaison sadomasochiste avec la femme de son meilleur ami. Quand le jeu pervers tourne mal, l\u2019irr\u00e9parable est commis et Charles, comme le spectateur, doit d\u00e9sormais affronter l\u2019apr\u00e8s. Il finit par se confier \u00e0 sa femme (St\u00e9phane Audran), dont je vous laisse d\u00e9couvrir la r\u00e9action, aussi d\u00e9routante que gla\u00e7ante. Port\u00e9e, une fois encore, par la musique oppressante de Pierre Jansen, cette \u00e9tude psychologique \u00e0 la Dosto\u00efevski nous donne \u00e0 voir un anti-h\u00e9ros hant\u00e9 par la faute, incapable de supporter l\u2019id\u00e9e de rester impuni. Car dans son milieu, la v\u00e9rit\u00e9 est inacceptable d\u00e8s lors qu\u2019elle menace l\u2019ordre \u00e9tabli.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 de la critique de la bourgeoisie, souvent associ\u00e9e \u00e0 son \u0153uvre, ce qui int\u00e9resse surtout Chabrol, ce sont les impasses de leur pr\u00e9tendue morale : <em>\u00ab\u00a0Tout le monde se retrouve face aux contradictions caus\u00e9es par les rapports entre ce que nous pensons \u00eatre le bien et ce qu&rsquo;on nous a expliqu\u00e9 que le bien \u00e9tait, et c&rsquo;est int\u00e9ressant de voir les moments o\u00f9 \u00e7a coince\u00a0\u00bb, <\/em>dit-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Un film admirable, qui vient provisoirement clore cette p\u00e9riode dor\u00e9e \u2013 laquelle pourra \u00eatre prolong\u00e9e par d&rsquo;autres \u0153uvres, situ\u00e9es en amont comme en aval, gr\u00e2ce \u00e0 cette r\u00e9trospective. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Notre part monstrueuse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au fond, Chabrol est un cin\u00e9aste pour qui l\u2019\u00e9cran de cin\u00e9ma fonctionne comme un miroir : un miroir tendu \u00e0 chacun de nous pour mieux nous scruter. Il nous pousse \u00e0 affronter notre part monstrueuse\u2026 et \u00e0 l\u2019embrasser.<\/p>\n\n\n\n<p>La femme est au centre de cette p\u00e9riode fascinante, souvent d\u00e9sign\u00e9e comme le cycle \u00ab\u00a0pompidolien\u00a0\u00bb, et incarn\u00e9e sous le m\u00eame pr\u00e9nom \u2013 H\u00e9l\u00e8ne \u2013 par St\u00e9phane Audran. Ce pr\u00e9nom renvoie \u00e0 une id\u00e9e de beaut\u00e9 tragique et classique, \u00e9videmment associ\u00e9e \u00e0 H\u00e9l\u00e8ne de Troie, symbole de d\u00e9sir, de fatalit\u00e9 et de trouble. Les personnages interpr\u00e9t\u00e9s par Audran sont presque toujours ambigus : s\u00e9duisants, fragiles, manipulateurs ou prisonniers d\u2019un cadre bourgeois oppressant. Le pr\u00e9nom fonctionne \u00e0 la fois comme rep\u00e8re th\u00e9matique et comme masque fictionnel, une mani\u00e8re d\u2019unifier des figures f\u00e9minines proches sans jamais les r\u00e9duire \u00e0 une seule. Audran y joue des femmes similaires mais jamais identiques, comme autant de variations sur un m\u00eame motif. Au fil des films, elle incarne la femme chabrolienne par excellence : \u00e9l\u00e9gante, opaque, ambivalente. Une femme moderne, qui n\u2019est plus le simple faire-valoir de l\u2019homme, mais une figure \u00e0 part enti\u00e8re \u2013 d\u00e9sirante, r\u00e9sistante, troublante.<\/p>\n\n\n\n<p>Les films sont projet\u00e9s notamment au <a href=\"https:\/\/www.cinema-lechampo.com\/evenements\/festivals.html#\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Champo.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Pour aller plus loin, \u00e9coutez cette excellente s\u00e9rie d&rsquo;\u00e9missions avec notamment H\u00e9l\u00e8ne Frappat : <a href=\"http:\/\/\u2022\tde pr\u00e9senter une offre d\u2019achat de l\u2019entreprise \/ du fonds de commerce\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Claude Chabrol diss\u00e8que le r\u00e9el<\/a> sur France Culture.<\/p>\n\n\n\n<p>Ne ratez pas \u00e9galement, si vous \u00eates en r\u00e9gion parisienne, le <a href=\"https:\/\/www.cinemalouxor.fr\/events\/31154-cine-club-claude-chabrol\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">cin\u00e9-club d\u00e9di\u00e9 au cin\u00e9aste<\/a> anim\u00e9 par Fabienne Duszynski qui commence le 7 septembre chaque dimanche matin au Louxor.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si la perspective de voir des acteurs en collants se battre \u00e0 grands renforts d\u2019effets sp\u00e9ciaux num\u00e9riques vous laisse de marbre, une r\u00e9trospective tombe \u00e0 point nomm\u00e9 pour relever votre \u00e9t\u00e9 cin\u00e9matographique. En salles depuis le 9 juillet, douze films de Claude Chabrol mettent en lumi\u00e8re une p\u00e9riode charni\u00e8re de sa filmographie : un \u00e2ge&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1611,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[16],"tags":[152,149,150,151],"class_list":["post-1606","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-personnalites","tag-cinema-francais","tag-claude-chabrol","tag-pierre-jansen","tag-stephane-audran"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lightofmylife.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1606","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lightofmylife.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lightofmylife.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lightofmylife.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lightofmylife.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1606"}],"version-history":[{"count":25,"href":"https:\/\/lightofmylife.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1606\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1751,"href":"https:\/\/lightofmylife.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1606\/revisions\/1751"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lightofmylife.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1611"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lightofmylife.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1606"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lightofmylife.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1606"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lightofmylife.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1606"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}