{"id":1355,"date":"2025-04-02T12:09:34","date_gmt":"2025-04-02T10:09:34","guid":{"rendered":"https:\/\/lightofmylife.fr\/?p=1355"},"modified":"2025-04-02T12:44:05","modified_gmt":"2025-04-02T10:44:05","slug":"lalo-schifrin-la-liberte-en-musique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lightofmylife.fr\/index.php\/2025\/04\/02\/lalo-schifrin-la-liberte-en-musique\/","title":{"rendered":"Lalo Schifrin : la libert\u00e9 en musique"},"content":{"rendered":"\n<p>Avec John Williams (93 ans), <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Lalo_Schifrin\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Lalo Schifrin<\/a> (92 ans) est le dernier repr\u00e9sentant vivant du <em>Silver Age <\/em>de la musique de film hollywoodienne, soit la p\u00e9riode qui a suivi le <em>Golden Age<\/em> d&rsquo;un art qui s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9 dans l&rsquo;ombre principalement gr\u00e2ce \u00e0 des compositeurs ayant fui l\u2019Europe \u00e0 cause de la guerre. Comme nombre de ses coll\u00e8gues (Maurice Jarre, Henry Mancini, Elmer Bernstein, Georges Delerue, Alex North), Lalo entame sa carri\u00e8re dans les ann\u00e9es 50 pour se hisser au sommet dans les deux d\u00e9cennies suivantes, propuls\u00e9 tout d&rsquo;abord par le langage du jazz qui \u00e9tait alors dominant, pour s&rsquo;\u00e9panouir par la suite dans d&rsquo;autres domaines comme la musique s\u00e9rielle, contemporaine, le tango, le lyrique&#8230; Pour les cin\u00e9philes, le nom de Lalo Schifrin rime avec une forme particuli\u00e8re de jazz-funk qu\u2019il ma\u00eetrisait \u00e0 la perfection, notamment dans les Dirty Harry<em> <\/em>que j&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9s ici (<a href=\"https:\/\/lightofmylife.fr\/index.php\/2025\/01\/25\/la-rencontre-explosive-de-lalo-schifrin-et-harry-callahan\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">La rencontre explosive de Lalo Schifrin et Harry Callahan<\/a>).<\/p>\n\n\n\n<p>Si son premier coup d&rsquo;\u00e9clat cin\u00e9matographique a eu lieu en France (<a href=\"https:\/\/lightofmylife.fr\/index.php\/2024\/09\/07\/les-felins-quand-lalo-devient-schifrin\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Les F\u00e9lins : quand Lalo devient Schifrin<\/a>), c&rsquo;est bien aux \u00c9tats-Unis que Lalo a trouv\u00e9 sa place, tant la t\u00e9l\u00e9vision et le cin\u00e9ma ont su tirer pleinement profit de ses dons imparables pour tisser des rythmes et m\u00e9lodies inoubliables.<\/p>\n\n\n\n<p>La carri\u00e8re de Lalo s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e sous le signe de la libert\u00e9. Il d\u00e9clare dans le livret du coffret sorti l&rsquo;ann\u00e9e pass\u00e9e chez Universal Music <em>(The Sound of Lalo Schifrin)<\/em> : <em>\u00ab\u00a0Tr\u00e8s t\u00f4t, j&rsquo;ai compris qu&rsquo;il fallait travailler avec et pour Hollywood&#8230; mais sans en d\u00e9pendre. C&rsquo;est-\u00e0-dire avoir une vie artistique parall\u00e8le, autonome, avec des albums de jazz, des cr\u00e9ations d\u2019\u0153uvres de concert, la production d&rsquo;une s\u00e9rie comme <\/em>Jazz meets the symphony&#8230;<em> Composer exclusivement pour le cin\u00e9ma peut vite devenir scl\u00e9rosant. Surtout \u00e0 Hollywood o\u00f9 il faut \u00e0 la fois contenter le metteur en sc\u00e8ne, les producteurs ex\u00e9cutifs, la direction du studio&#8230; sans trahir ses propres ambitions de compositeur.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Adepte du m\u00e9lange des genres, d\u00e9fricheur de sonorit\u00e9s nouvelles, Lalo ajoute :<em> \u00ab\u00a0Tant de territoires restent encore \u00e0 d\u00e9fricher. Cette seule perspective me permet de mieux appr\u00e9hender demain.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>En attendant la <a href=\"https:\/\/www.instagram.com\/listener_paris\/p\/DH1ZIPKK24M\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">session d&rsquo;\u00e9coute<\/a> que j&rsquo;anime ce dimanche 6 avril au Listener, rue Vivienne, \u00e0 Paris, je reproduis ci-dessous un article publi\u00e9 en 2004 dans le d\u00e9funt magazine <em>Cin\u00e9fonia,<\/em> ainsi qu&rsquo;une interview que j&rsquo;ai eu la chance de mener avec Lalo au t\u00e9l\u00e9phone. Bonne lecture !<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LALO SCHIFRIN\u00a0: UNE VIE EN MUSIQUE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Par Jean-Christophe Manuceau<\/p>\n\n\n\n<p>Auteur du plus fameux th\u00e8me g\u00e9n\u00e9rique de l\u2019histoire de la t\u00e9l\u00e9vision, MISSION\u00a0: IMPOSSIBLE, compositeur de musiques de films comme BULLITT ou L\u2019INSPECTEUR HARRY, Lalo Schifrin est un des plus grands repr\u00e9sentants du son hollywoodien. Artiste dot\u00e9 d\u2019une grande culture musicale, aussi \u00e0 l\u2019aise dans la composition que dans la direction d\u2019orchestre, c\u2019est \u00e9galement un pianiste \u00e9m\u00e9rite, ainsi qu\u2019un jazzman r\u00e9v\u00e9r\u00e9 par ses pairs. Cet homme cumule les talents. L\u2019amour de son m\u00e9tier et une force de travail incroyable : voil\u00e0 ce qui lui a permis de rester, tout au long de ses cinquante ann\u00e9es de carri\u00e8re et jusqu\u2019aujourd\u2019hui, au premier plan de la sc\u00e8ne musicale internationale. Lalo Schifrin n\u2019est pas \u00e9go\u00efste. Il aime partager avec le public ses d\u00e9couvertes musicales, sa passion inconditionnelle pour les percussions, les cuivres, pour le travail sur le son. Chaque ann\u00e9e, il donne de multiples concerts, sort de nouveaux albums. Chacun d\u2019eux est une occasion pour entra\u00eener l\u2019auditeur vers des sensations nouvelles. Mais qu\u2019est-ce que le son Schifrin\u00a0? Tout d\u2019abord, le jazz au cin\u00e9ma. Presque \u00e0 lui tout seul. Un sens du rythme inou\u00ef, une capacit\u00e9 \u00e0 transmettre avec une \u00e9nergie incroyable ce qui se passe \u00e0 l\u2019\u00e9cran. Ensuite, des m\u00e9lodies \u00e0 tomber, des chansons pop que l\u2019on retient instantan\u00e9ment, des arrangements de cordes somptueux, un sens si agile, d\u00e9licat et puissant \u00e0 la fois de l\u2019orchestration. Enfin, le culot d\u2019innover, de se jeter \u00e0 l\u2019eau, de provoquer par des choix parfois difficiles. Avec d\u2019autres compositeurs comme Jerry Goldsmith ou John Williams, ces musiciens ont fait entrer la musique de film dans l\u2019\u00e2ge de la maturit\u00e9 en l\u2019ouvrant aux autres formes musicales. Pour Lalo Schifrin, dont la vie enti\u00e8re a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9e sous le signe de la musique, celle-ci est comme l\u2019air que l\u2019on respire. Naturelle pour lui, indispensable pour nous, sa musique rec\u00e8le encore de nombreux secrets que l\u2019on gagnera \u00e0 explorer, s\u00fbrs d\u2019y trouver de nouvelles perles.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des d\u00e9buts prometteurs<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9 dans une famille de musiciens argentins en 1932, Lalo Schifrin commence son apprentissage du piano d\u00e8s l\u2019\u00e2ge de 6 ans avec d\u2019illustres professeurs, tels Enrique Barenboim ou le compositeur argentin Juan-Carlos Paz. M\u00eame s\u2019il trouve le temps pour continuer des \u00e9tudes de sociologie et de droit, c\u2019est pourtant la musique et notamment la d\u00e9couverte du jazz qui vont retenir toute son attention. \u00c0 20 ans, il d\u00e9croche une bourse pour \u00e9tudier au Conservatoire de Paris, o\u00f9 il suit les cours d\u2019Olivier Messiaen et \u00e9tudie entre autres les \u0153uvres de Maurice Ravel. La nuit, pour gagner sa vie, il joue dans des clubs de jazz. En 1955, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 23 ans, il repr\u00e9sente son pays au Festival International de Jazz de Paris. Puis, de retour en Argentine, il forme avec succ\u00e8s le premier orchestre de jazz latino-am\u00e9ricain.<\/p>\n\n\n\n<p>Une rencontre importante a lieu en 1956 quand Lalo croise la route du trompettiste l\u00e9gendaire Dizzy Gillespie. Lalo lui propose de cr\u00e9er un morceau pour son grand orchestre. Va na\u00eetre ainsi GILLESPIANA que Schifrin ach\u00e8ve en 1958, ann\u00e9e durant laquelle il re\u00e7oit un C\u00e9sar argentin pour la musique du film El JEFE. En 1960 \u00e0 New York, Lalo retrouve Gillespie alors que celui-ci a dissous son orchestre pour raisons financi\u00e8res. Le trompettiste propose au jeune Lalo de remplacer son pianiste au sein de son quintette. Lalo accepte imm\u00e9diatement et emm\u00e9nage dans la Big Apple avec sa femme. Plus tard cette ann\u00e9e, la suite GILLESPIANA est enregistr\u00e9e et conna\u00eet un succ\u00e8s m\u00e9rit\u00e9 vis \u00e0 vis des critiques. Lalo devient alors le directeur musical de Gillespie et le groupe part en tourn\u00e9e en Europe. Pendant les deux ann\u00e9es qui suivent, de nombreux disques sortent tant en solo que sous leurs deux noms. Apr\u00e8s avoir fourni \u00e0 Gillespie une autre suite, THE NEW CONTINENT, Schifrin d\u00e9cide de prendre ses distances, souhaitant \u00e9crire pour d\u2019autres artistes tels que Stan Getz, Sarah Vaughn ou Count Basie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Hollywood\u00a0!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En 1963, il est sous contrat avec la MGM. On lui propose de travailler sur son premier film hollywoodien, une aventure africaine du nom de RHINO\u00a0! Il d\u00e9m\u00e9nage de nouveau et s\u2019installe en Californie pour d\u00e9buter une carri\u00e8re dans le cin\u00e9ma. Apr\u00e8s un voyage aller-retour \u00e0 Paris pour le film de Ren\u00e9 Cl\u00e9ment, LES FELINS, il se lance dans sa premi\u00e8re production t\u00e9l\u00e9\u00a0: SEE HOW THEY RUN. Mais le succ\u00e8s va venir des musiques qu\u2019il cr\u00e9e pour des s\u00e9ries telles que DES AGENTS TRES SPECIAUX et MISSION\u00a0:IMPOSSIBLE. Dans la m\u00eame lign\u00e9e que Henry Mancini, mais avec bien moins de retenue, il va r\u00e9volutionner l\u2019approche de la musique t\u00e9l\u00e9visuelle en cr\u00e9ant des th\u00e8mes m\u00e9morables, \u00e9labor\u00e9s dans leur construction mais bas\u00e9s sur des m\u00e9lodies tr\u00e8s accrocheuses et facilement assimilables. L\u2019autre marque de fabrique de Lalo Schifrin, ce sont les th\u00e8mes secondaires. Souvent trait\u00e9s \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re par d\u2019autres, ces morceaux que l\u2019on entend pendant les \u00e9pisodes b\u00e9n\u00e9ficient de toute son attention, et il laisse \u00e9clater son talent pour l\u2019orchestration fa\u00e7on big band sur des morceaux comme <em>Jim On The Move<\/em> (extrait de MISSION\u00a0: IMPOSSIBLE), ou encore <em>The Shadow<\/em> (extrait de MANNIX). Non content de laisser une marque ind\u00e9l\u00e9bile dans l\u2019esprit du spectateur, sa musique traduit \u00e9galement \u00e0 la perfection l\u2019identit\u00e9 de la s\u00e9rie ainsi que l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit des personnages. D\u2019autres s\u00e9ries \u00e0 succ\u00e8s suivront\u00a0: STARSKY ET HUTCH, LA PLANETE DES SINGES et bien s\u00fbr MANNIX.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est une p\u00e9riode de grande activit\u00e9 au cin\u00e9ma \u00e9galement. Pour ne citer que quelques films\u00a0: BULLITT, LE KID DE CINCINNATI, LUKE LA MAIN FROIDE, DE L\u2019OR POUR LES BRAVES, L\u2019INSPECTEUR HARRY (et ses suites), ou encore le dernier film de Bruce Lee, OPERATION DRAGON. S\u2019il se cantonne souvent aux films d\u2019action ou aux thrillers, ce sont des univers qui correspondent au son nouveau qu\u2019il est en train de cr\u00e9er, un m\u00e9lange de sonorit\u00e9s jazz (percussions, batterie, guitare basse) et de musique symphonique. Glissant vers des formes sonores toujours plus novatrices, Lalo Schifrin consid\u00e8re la bande-son comme un tout, et s\u2019accorde avec l\u2019action et les bruitages pour obtenir le plus d\u2019effet. L\u2019exemple le plus flagrant de cette approche est celui de la fameuse sc\u00e8ne de poursuite dans BULLITT, quand la musique c\u00e8de la place aux bruits des pneus sur l\u2019asphalte, alors qu\u2019un autre aurait au contraire surcharg\u00e9 et noy\u00e9 l\u2019effet.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En constante recherche<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cette id\u00e9e de musique concr\u00e8te, h\u00e9rit\u00e9e de ses ann\u00e9es d\u2019\u00e9tudes avec Pierre Henry, va se concr\u00e9tiser dans les ann\u00e9es 70 avec des bandes-originales de plus en plus exp\u00e9rimentales. \u00c9rudit sans le para\u00eetre, Lalo s\u2019amuse \u00e0 imposer des id\u00e9es avant-gardistes dans des productions grand public, un peu \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un Kubrick choisissant Ligeti en lieu et place d\u2019Alex North. Avec des films comme LE TOBOGGAN DE LA MORT, AMITYVILLE LA MAISON DU DIABLE, THX 1138 ou encore le documentaire THE HELLSTORM CHRONICLES, il pousse dans ses retranchements ce qu\u2019on a coutume d\u2019appeler la musique de films pour explorer des voies nouvelles, riches de d\u00e9couvertes. Avec des orchestrations complexes, il se tourne de plus en plus vers la musique classique, mais tout en restant tr\u00e8s attach\u00e9 au jazz. Des disques sortent toujours sous son nom, par exemple l\u2019op\u00e9ra rock ROCK REQUIEM (1971) ou encore le disco jazz de BLACK WIDOW (1975).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9clectique, impr\u00e9visible, Lalo aime se surprendre et surprendre ses auditeurs. Il passe de plus en plus de temps dans la sph\u00e8re de la musique classique, composant des concertos, des \u0153uvres pour piano et orchestre, des cantates, des ballets. Il dirige et enregistre avec les orchestres les plus prestigieux, comme l\u2019Orchestre Philharmonique d\u2019Isra\u00ebl ou le London Symphony Orchestra. Il compose et arrange pour Placido Domingo, Jos\u00e9 Carreras, Angel Romero ou Julia Migenes. Il tourne sans arr\u00eat, insatiable. De nouveaux films ont relanc\u00e9 sa carri\u00e8re au cin\u00e9ma apr\u00e8s la p\u00e9riode creuse des ann\u00e9es 80. RUSH HOUR, TANGO de Carlos Saura, et l\u2019adaptation cin\u00e9ma de MISSION\u00a0: IMPOSSIBLE, dont il laisse le soin \u00e0 d\u2019autres de se l\u2019approprier. Par le biais d\u2019un label cr\u00e9\u00e9 avec sa femme, Aleph Records, Lalo a enfin la possibilit\u00e9 de diffuser sa musique et de faire conna\u00eetre des \u0153uvres longtemps rest\u00e9es dans l\u2019ombre. D\u2019autres initiatives, dont celle initi\u00e9e par Warner Music en France, ont permis \u00e0 un nouveau public de d\u00e9couvrir ses musiques de film, et d\u2019en appr\u00e9cier toute la vitalit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Artiste complet, musicien dou\u00e9 dans de nombreux domaines, explorateur de sons et d\u2019id\u00e9es, Lalo poss\u00e8de \u00e9galement le talent de la simplicit\u00e9. Discuter avec lui se fait sans heurts, mais avec humour et beaucoup de bont\u00e9. Il a bien voulu r\u00e9pondre \u00e0 nos questions par t\u00e9l\u00e9phone, alors qu\u2019un autre rendez-vous l\u2019attendait. Merci Lalo&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>CF) Quel est votre premier souvenir musical\u00a0?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>LS) Mon p\u00e8re \u00e9tait premier violon de l\u2019Orchestre Philharmonique de Buenos Aires. Au Conservatoire National de Musique, il avait des \u00e9l\u00e8ves tr\u00e8s avanc\u00e9s, c\u2019\u00e9tait un cours magistral. Toute ma famille \u00e9tait dans la musique. Le p\u00e8re de Daniel Barenboim, Enrique, \u00e9tait le premier professeur de piano que j\u2019ai eu. C\u2019\u00e9tait un ami de mon p\u00e8re et il jouait de la musique de chambre \u00e0 la maison. Donc, mes premi\u00e8res impressions musicales viennent de l\u00e0, ainsi que des concerts, des ballets ou des op\u00e9ras o\u00f9 l\u2019on m\u2019emmenait.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>CF) Vous avez toujours baign\u00e9 dans la musique\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>LS) Oui, mais aussi dans le cin\u00e9ma. Je demandais \u00e0 ma grand-m\u00e8re de m\u2019accompagner pour voir des films d\u2019horreur. Personne dans la famille ne voulait m\u2019emmener. Mais elle m\u2019aimait beaucoup, et voulait me faire plaisir. Elle m\u2019achetait des chocolats&nbsp;! \u00c9videmment, ces films ne lui plaisaient pas&nbsp;! C\u2019est \u00e0 cette \u00e9poque que j\u2019ai d\u00e9couvert ma vocation pour la musique de film. Je me souviens d\u2019une discussion avec un camarade de classe pendant laquelle je lui expliquais que le film d\u2019horreur que je venais de voir n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 si effrayant sans la musique. Quand je m\u2019en suis rendu compte, j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 voir les films plusieurs fois, car \u00e0 l\u2019\u00e9poque, il n\u2019y avait pas de bandes originales dans le commerce pour ce genre de film. On trouvait plut\u00f4t Over the Rainbow extrait de THE WIZARD OF OZ.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019adolescence, j\u2019ai d\u00e9couvert le jazz ainsi que les musiques contemporaines.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"680\" src=\"https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/25A_0379-1024x680.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1364\" srcset=\"https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/25A_0379-1024x680.jpg 1024w, https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/25A_0379-300x199.jpg 300w, https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/25A_0379-768x510.jpg 768w, https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/25A_0379-850x564.jpg 850w, https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/25A_0379.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Nicolas Saada en compagnie du toujours malicieux Lalo Schifrin lors d&rsquo;un passage parisien dans les ann\u00e9es 2000.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>CF) Comment \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s les compositeurs de musique de film \u00e0 Hollywood, au d\u00e9but des ann\u00e9es 60\u00a0?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>LS) Plut\u00f4t bien. \u00c0 cette \u00e9poque, dans chaque restaurant des grands studios, comme Paramount, MGM ou Universal, il y avait une table o\u00f9 les compositeurs se retrouvaient pour le d\u00e9jeuner. De cette fa\u00e7on, j\u2019ai eu l\u2019opportunit\u00e9 de rencontrer Alfred Newman, Bernard Herrmann, Miklos Rozsa, Alex North. C\u2019\u00e9tait une p\u00e9riode tr\u00e8s excitante pour moi, c\u2019\u00e9taient quand m\u00eame des ma\u00eetres&nbsp;! Franz Waxman m\u2019avait invit\u00e9. Il \u00e9tait le directeur du Festival de Musique de Los Angeles. Ayant d\u00e9couvert mes \u0153uvres, et notamment une Messe jazz command\u00e9e par le Vatican. Nous l\u2019avons jou\u00e9e avec un orchestre et des ch\u0153urs. C\u2019est moi qui dirigeait. Nous avons ensuite jou\u00e9 du Igor Stravinski, puis Franz a dirig\u00e9 le WAR REQUIEM de Benjamin Britten. Bernard Herrmann \u00e9tait l\u00e0 aussi. Il aimait beaucoup les compositeurs fran\u00e7ais, surtout ceux qui n\u2019\u00e9taient pas tr\u00e8s connus. Comme Florent Schmitt, fin 19\u00e8me si\u00e8cle. J\u2019avais fait mes \u00e9tudes en France, donc nous en parlions beaucoup.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>CF) Donc, cela vous a rapproch\u00e9s\u00a0?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>LS) Tout \u00e0 fait. C\u2019\u00e9tait quelqu\u2019un de difficile, un peu n\u00e9vrotique. Mais il \u00e9tait tr\u00e8s gentil avec moi&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>CF) A l\u2019\u00e2ge de huit ans, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s impressionn\u00e9 par le film LE TOBOGGAN DE LA MORT. En \u00e9coutant la musique aujourd\u2019hui, je comprend maintenant pourquoi. Vous avez compos\u00e9 pour cette bande-originale un morceau intitul\u00e9 Movement For String Quartette, qui commence doucement avec une m\u00e9lodie agr\u00e9able, puis dont la tonalit\u00e9 devient de plus en plus angoissante, jusqu\u2019\u00e0 se r\u00e9duire \u00e0 deux notes de violon stridentes. Vous nous faites ressentir alors ce qui se passe dans la t\u00eate du personnage principal, ce jeune homme d\u00e9rang\u00e9 qui pose des bombes dans les parcs d\u2019attractions.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>LS) Au d\u00e9but, on ne sait pas qui est le m\u00e9chant. On voit juste un jeune homme qui vient faire de la p\u00e8che. Mais quand il commence \u00e0 inspecter les montagnes russes avec ses jumelles, on se dit que quelque chose ne va pas. C\u2019est \u00e0 ce moment que commence ce motif, dont la sonorit\u00e9 imite l\u2019horloge. Il pose des bombes, il est tr\u00e8s organis\u00e9, son cerveau travaille comme une horloge.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>CF) On sent ici l\u2019influence de Bernard Herrmann, notamment dans PSYCHOSE.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>LS) Oui, mais l\u00e0, ce n\u2019est que dans un morceau. Il m\u2019a aussi influenc\u00e9 dans l\u2019utilisation des musiques que l\u2019on entend dans les parcs d\u2019attractions&nbsp;: ce sont des comptines innocentes, na\u00efves. Je les ai utilis\u00e9es comme contre-point par rapport \u00e0 l\u2019horreur des attentats. Herrmann avait utilis\u00e9 \u00e7a dans L\u2019INCONNU DU NORD EXPRESS (NDLR&nbsp;: en fait, c\u2019est Dimitri Tiomkin).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>CF) Avec la bande-originale de DE L\u2019OR POUR LES BRAVES, vous avez fait votre album le plus pop, c\u2019est \u00e9galement un de vos albums que je pr\u00e9f\u00e8re, car il fait la synth\u00e8se de styles\u00a0tr\u00e8s diff\u00e9rents mais qui se marient ici \u00e0 la perfection : jazz, orchestre symphonique et instruments rock.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>LS) Je n\u2019ai pas utilis\u00e9 toute cette musique pop dans le film. Henry Mancini m\u2019avait donn\u00e9 un conseil&nbsp;: \u00ab&nbsp;Si tu veux vendre un disque, il ne faut pas lancer la bande-sonore telle quelle&nbsp;\u00bb. Le disque, c\u2019est un autre milieu. Il y a beaucoup de choses dans le disque qui ne sont pas dans le film, en tout cas, pas avec ces arrangements-l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>CF) Ce qui est \u00e9tonnant, c\u2019est que vous passez du classique au jazz, de la musique de chambre \u00e0 des chansons pop. Pour vous, il semble ne pas y avoir de fronti\u00e8res ni de limites. Ne trouvez-vous pas que de nos jours la musique soit trop cloisonn\u00e9e\u00a0? Aujourd\u2019hui, pour r\u00e9ussir, il faut rester dans un genre bien pr\u00e9cis.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>LS) Je trouve \u00e7a dommage. Beethoven, par exemple, \u00e9tait passionn\u00e9 par la musique hongroise. Il habitait Vienne sous l\u2019Empire Austro-Hongrois. Et on ressent l\u2019influence de la musique hongroise dans son \u0153uvre, notamment dans le dernier mouvement de la 7\u00e8me Symphonie. Il y a d\u2019autres exemples, Mozart et le musique turque. Plus pr\u00e8s de nous, il y a des musiciens comme Milhaud ou Igor Stravinski, et leur rapport avec le jazz. Bartok a fait beaucoup de recherches dans la musique nord-africaine. La musique, c\u2019est universel. C\u2019est une question de culture.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>CF) Quelle a \u00e9t\u00e9 l\u2019influence de gens comme Pierre Henry et la musique concr\u00e8te dans votre \u0153uvre ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>LS) Pour moi, les bruits font partie de la bande-sonore d\u2019un film. Il faut les incorporer. Souvent, j\u2019ai besoin de savoir quels bruits vont \u00eatre utilis\u00e9s pour marier la musique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>CF) Qu\u2019est-ce que vous \u00e9coutez aujourd\u2019hui comme musique de film\u00a0? Qu\u2019est-ce qui vous pla\u00eet\u00a0?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>LS) J\u2019aime John Williams, Jerry Goldsmith, Alan Silvestri, James Horner..<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"680\" src=\"https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/26A_0378-1024x680.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1365\" srcset=\"https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/26A_0378-1024x680.jpg 1024w, https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/26A_0378-300x199.jpg 300w, https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/26A_0378-768x510.jpg 768w, https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/26A_0378-850x564.jpg 850w, https:\/\/lightofmylife.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/26A_0378.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Ma rencontre avec Lalo, merci Nicolas !!<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>CF) La derni\u00e8re fois que vous \u00eates pass\u00e9s en concert en France, c\u2019\u00e9tait en novembre 2001, au Festival International Musique et Cin\u00e9ma d\u2019Auxerre. Vous \u00eates invit\u00e9 cette ann\u00e9e par le Festival de Cannes. A quel type de concert peut-on s\u2019attendre\u00a0?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>LS) Ce sera un trio de jazz. Il y aura Bruno Fontaine, et Andr\u00e9 Ceccarelli \u00e0 la batterie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>CF) Pas de musique de film alors\u00a0?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>LS) Si, s\u00fbrement, mais dans des arrangements qui seront tr\u00e8s personnels, tr\u00e8s jazz.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>CF) En 1973, le r\u00e9alisateur William Friedkin rejette le score que vous aviez compos\u00e9 pour L\u2019EXORCISTE, pr\u00e9f\u00e9rant utiliser des morceaux d\u00e9j\u00e0 existants. Est-ce qu\u2019il y a une chance pour que la version compl\u00e8te de cette bande-originale sorte un jour\u00a0?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>LS) Non, ce n\u2019est pas d\u2019actualit\u00e9. C\u2019est la Warner qui en poss\u00e8de les droits. Par contre, il est possible que j\u2019en fasse un nouvel enregistrement, en faisant des modifications. Sous la forme d\u2019un mouvement symphonique pour cordes par exemple. Mais ce ne sera plus la m\u00eame musique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>CF) Comment r\u00e9agissez-vous face aux jeunes groupes qui samplent des extraits de vos \u0153uvres, comme Portishead par exemple\u00a0?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>LS) En g\u00e9n\u00e9ral, ils sont tr\u00e8s bons. Ils ont beaucoup d\u2019\u00e9nergie, d\u2019imagination. Ils me demandent la licence, et souvent je leur donne. Dans d\u2019autres cas, je re\u00e7ois des commandes. Par exemple, une compagnie fran\u00e7aise m\u2019a engag\u00e9 l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re pour faire la musique d\u2019un jeu vid\u00e9o, TOM CLANCY&rsquo;S SPLINTER CELL : PANDORA TOMORROW. C\u2019est la premi\u00e8re fois qu\u2019Ubi Soft engage un compositeur de musique de film pour faire le th\u00e8me. C\u2019est un jeu tr\u00e8s populaire, d\u2019ailleurs mon fils \u00e9tait fier de moi&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>CF) En 2001, vous avez eu l\u2019opportunit\u00e9 de r\u00e9-enregistrer plusieurs de vos \u0153uvres, pour la collection Warner Soundtracks. Comment cela s\u2019est-il pass\u00e9\u00a0?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>LS) Parfois, je voudrais mieux sortir les bandes-originales. Par exemple, Clint Eastwood m\u2019a donn\u00e9 la permission de sortir la BO compl\u00e8te de L\u2019INSPECTEUR HARRY, sans les suites, juste le premier film, mais dans sa version int\u00e9grale. Dans d\u2019autres cas, pour MANNIX et BULLITT, je n\u2019ai pas eu la permission. Mais de toutes fa\u00e7ons, personne ne peut m\u2019emp\u00eacher de r\u00e9-enregistrer, dans le m\u00eame esprit. Le probl\u00e8me se situe au niveau des corporations. \u00c0 une \u00e9poque, chaque studio avait sa compagnie de disques. Maintenant, avec toutes les structures corporatives, mes musiques sont rachet\u00e9es par d\u2019autres compagnies de disques. Il y a eu beaucoup de changements. M\u00eame les films n\u2019appartiennent plus aux compagnies qui les ont produits. Il y a beaucoup de confusions. Donc, je pr\u00e9f\u00e8re r\u00e9soudre le probl\u00e8me de la fa\u00e7on la plus positive, en sortant de nouvelles versions.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>CF) Vous avez compos\u00e9 des op\u00e9ras, des cantates, des ballets, mais aussi de la musique pour le th\u00e9\u00e2tre. Y-a-t-il des champs musicaux que vous aimeriez explorer aujourd\u2019hui\u00a0?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>LS) J\u2019ai fait tout ce que j\u2019ai fait car l\u2019envie \u00e9tait le point de d\u00e9part. Je ne me pose pas la question comme \u00e7a. Si je trouve quelque chose, et que \u00e7a me pla\u00eet, je vais y aller.<\/p>\n\n\n\n<p>Propos recueillis par Jean-Christophe Manuceau<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un grand merci \u00e0 Nicolas Saada qui m&rsquo;a permis de rencontrer le maestro en personne, et dont l&rsquo;\u00e9mission mythique Nova fait son cin\u00e9ma a permis \u00e0 toute une g\u00e9n\u00e9ration de cin\u00e9philes de red\u00e9couvrir la musique des grands compositeurs de musique de film.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><br><\/p>\n\n\n\n<p> <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec John Williams (93 ans), Lalo Schifrin (92 ans) est le dernier repr\u00e9sentant vivant du Silver Age de la musique de film hollywoodienne, soit la p\u00e9riode qui a suivi le Golden Age d&rsquo;un art qui s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9 dans l&rsquo;ombre principalement gr\u00e2ce \u00e0 des compositeurs ayant fui l\u2019Europe \u00e0 cause de la guerre. 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